Etudes et références économiques
Dernière mise à jour le 03 avril 2025
Au sommaire de cette Analyses et Perspectives : Brève rétrospective d’une histoire supposée vertueuse ; Des résistances et des chocs qui ralentissent les ruptures ; Prospectiviste : un métier à haut risque ; Scénario 1 : dépendance aux importations et fin de l’Union européenne ; Scénario 2 : la rupture ; Scénario 3 : l’utopie
Entrant dans l'année 2025, nous nous retrouvons à la croisée de deux quarts de siècle marqués par des crises multiples et des bouleversements globaux. Alors que la société s'interroge sur l'avenir à l'horizon 2050, la question de l'évolution de l'agriculture s'impose comme un enjeu central. Entre mondialisation, transitions écologiques et défis géopolitiques, comment l'agriculture saura-t-elle répondre aux exigences du futur ?
Depuis la fin des années 1990, la politique agricole européenne a subi d’importantes mutations, marquées par la mondialisation et la prise en compte des enjeux environnementaux. Les réformes successives de la PAC ont cherché à rapprocher les agriculteurs du marché, tout en intégrant des critères écologiques et en réorientant les soutiens.
Cette évolution a conduit à un changement radical de la vision de l’agriculture, transformant les agriculteurs en entrepreneurs dans un contexte de transition agroécologique et de compétition internationale.
Les transformations en agriculture, qu'elles découlent de réformes politiques ou d'accords commerciaux, ne se réalisent pas automatiquement. Les différences de temporalité entre décisions politiques et effets économiques, couplées à des résistances endogènes et exogènes, rendent tout changement de paradigme complexe.
Entre la dépendance aux anciens modèles productifs et des chocs externes comme la pandémie ou la guerre en Ukraine, les objectifs de transition agroécologique se trouvent souvent freinés, révélant les limites des réformes agricoles.
Depuis les années 1990, malgré les réformes et les ambitions de l'UE en matière de transition écologique et de réduction de l'empreinte carbone, les résultats escomptés n'ont pas été au rendez-vous. Le Pacte Vert et la stratégie F2F n'ont pas permis de produire les effets attendus, notamment à cause de la montée de la « démondialisation ».
À l'horizon 2050, plusieurs incertitudes persistent, mais il est désormais impératif de réfléchir à l’avenir de l’agriculture, en prenant en compte l’évolution des forces productives, des financements publics et des modèles de production.
Le scénario tendanciel pour 2050 présente une France de plus en plus dépendante des importations agricoles, marquée par une diminution continue des effectifs d'agriculteurs, un vieillissement de la population agricole et une baisse des productions, particulièrement animales.
Face à cette évolution, la PAC pourrait être progressivement démantelée, entraînant la fin de l'Union Européenne telle qu'on la connaît, avec une montée de la démondialisation et une concurrence exacerbée entre grandes puissances mondiales.
À l’horizon 2050, un scénario optimiste envisage un redressement économique mondial suite à la résolution de conflits géopolitiques majeurs, notamment en Ukraine et entre les grandes puissances économiques. Ce contexte permettrait à l’agriculture européenne de retrouver une dynamique positive grâce à des politiques publiques renforcées, axées sur les transitions agro-écologiques et numériques.
La PAC, réaffirmée dans ses missions fondamentales, pourrait ainsi jouer un rôle clé dans la stabilité alimentaire mondiale, tout en contribuant à un renouveau de la compétitivité de l’Union Européenne.
Le succès d’un scénario optimiste pour l’UE pourrait mener à une refondation profonde de l’Union, avec une intégration accrue des États membres et une relocalisation des entreprises, notamment dans le secteur alimentaire. Ce modèle fédéral européen envisagé impliquerait une harmonisation des règles économiques et sociales, et marquerait une rupture avec le modèle agricole des années 1960, mettant en lumière les enjeux économiques et technologiques à relever d’ici 2050 pour assurer la pérennité du secteur agricole français.