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8e Rapport de l'Observatoire National des Prix et des Marges : les prix agricoles se relèvent pour la deuxième année consécutive, avec une hausse moyenne de + 2,2 % en 2018

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Cette augmentation révèle encore d’importantes disparités entre et dans les filières, et des difficultés croissantes pour les agriculteurs dans la répartition de la valeur ajoutée.

La conjoncture pour les filières d’élevage apparaît des plus inquiétantes avec notamment une baisse très marquée pour le prix du porc (-11,8 %) Le relèvement des prix attendus en 2019, à la faveur d’une forte demande chinoise, constitue à l’heure actuelle la seule issue pour que les éleveurs dégagent du résultat.

Le prix des gros bovins entrée-abattoir subit également une décote de -1,1% entre 2017 et 2018. La progression des marges brutes du maillon de l’industrie et de la transformation traduit un véritable phénomène de captation de la valeur ajoutée, et ceci au détriment des éleveurs

Le bilan pour le prix du lait montre de nombreux contrastes malgré un léger redressement, du fait d’un marché mondial davantage dynamique et des premiers effets des engagements pris dans le cadre de la loi EGalim.

La filière blé tendre est l’une des seules à profiter du rebond des marchés agricoles avec une hausse des prix à la production de 10,5 % entre 2017 et 2018, ce qui permet aux céréaliers de renouer avec des résultats économiques positifs dans les exploitations (la marge nette étant évaluée à 12€/tonne en 2018).

A noter que la marge nette avant impôt rapportée au chiffre d’affaires pour les enseignes de la grande distribution s’est amoindrie en 2017, s’affichant à 1,2 % contre 1,7 % en 2016.

Les Chambres d'agriculture notent par voie de conséquence :

  • Que la modeste amélioration des prix agricoles ne suffit pas à couvrir la progression des charges dans la plupart des filières.
  • Dans les secteurs de la viande, la rémunération permise reste inférieur à 2 SMICS bruts par unité de travail et le produit dégagé ne permet pas de couvrir les coûts de production. D’autre part, la dépendance de certaines filières comme le porc au secteur exportateur amène à une véritable remise en question quant à l’orientation des filières.
  • Dans la filière laitière, l’écart entre les coûts de production et l’ensemble des produits s’est à nouveau accru.
  • Dans la filière céréalière, les exploitants en blé tendre renouent avec des résultats positifs. Cependant en blé dur, la baisse du prix de la matière première se poursuit en 2018 et pousse les exploitants dans une situation économique difficile.
  • Dans le secteur des fruits et des légumes, la recrudescence des aléas climatiques et la concurrence accrue des importations maintiennent la filière sous pression.

 

« Ce rapport constitue le dernier avant la prise en compte des premiers impacts de la loi EGalim. Nous serons très attentifs quant à la capacité de la loi à rééquilibrer les rapports de force qui restent en défaveur des agriculteurs au sein des filières alimentaires. L’accentuation des tensions dans les négociations commerciales, malgré les engagements pris par les industriels et la grande distribution après les EGA, est très inquiétante au regard des objectifs fixés par l’État. Nous attendons des résultats tangibles de la loi et un retour de la valeur ajoutée due aux agriculteurs. » Claude Cochonneau, président des Chambres d’agriculture.

 

Contact Presse :

Chambres d’agriculture France - APCA
Iris Roze – 01 53 57 10 51 / 06 09 86 02 26
iris.roze@apca.chambagri.fr
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